Lundi 8 février 2010
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Qu'adviendrait-il si nous pouvions entrer dans un endroit très spécial, là où tous nos rêves prennent vie et forme ?
J'ai rêvé que je tombais. Une grande chute. Un grand vertige.
Je suis donc tombée.
J'ai rêvé que je volais. Comme un oiseau. Au dessus des gens, des maisons.
Je fus donc capable de voler. Mais j'étais un monstre. Une vile harpie des temps modernes.
J'ai rêvé que j'étais un animal.
Je suis donc devenu cet animal. J'ai perdu mon humanité. Je ne savais pas comment annuler cette terrible métamorphose.
J'ai rêvé que je giflais un ami.
Je l'ai donc giflé. Il n'a plus souhaité me reparler. On ne gifle pas les gens sans raison, apparemment.
J'ai rêvé que je trompais mon copain.
Je l'ai donc trompé. Pourquoi ? Je ne sais toujours pas. Ce qui est sûr, c'est que cet acte a mis fin à une belle histoire et je m'en
veux. Je suis triste.
J'ai rêvé que ma mère me foutait dehors.
Elle m'a donc foutue dehors. Je ne sais plus où dormir. J'ai froid, j'ai faim.
J'ai rêvé que je marchais sur le soleil.
J'ai donc marché sur le soleil. Je ne peux plus revenir sur Terre raconter cette fantastique aventure.
J'ai rêvé qu'un monstre se cachait dans ma chambre.
J'ai effectivement trouvé un monstre dans ma chambre. Il m'a foutu la trouille de ma vie. Je ne sais toujours pas comment le faire partir,
il a l'air bien, ici.
J'ai rêvé que je chevauchais un dragon.
Je suis donc allée en cours chevauchant un dragon. Je n'ose vous raconter l'effet que j'ai produit.
J'ai rêvé qu'un couple d'amis rompaient.
Ils ont bien rompu ; comment leur dire que c'est ma faute ?
J'ai rêvé que j'offrais une rose à un ami.
C'est ce que j'ai fais. Il ne l'a pas trop bien pris.
J'ai rêvé que je déménageais.
J'ai déménagé; mais ma maison me manque terriblement.
J'ai rêvé que je me noyais.
Je me suis noyée. En plein Atlantique. C'est une mort affreuse, je ne vous la conseille pas.
J'ai rêvé que mon chien était mort.
Il est mort. Mon père a creusé un trou près de la maison, dans un coin tranquille. J'ai pleuré sur sa sépulture de fortune toute la
journée. Je lui ai écrit une épitaphe : "ci-gît Kusty, fidèle vieux gentil chien. Il ne sentait pas très bon mais il nous manquera beaucoup."
J'ai rêvé que j'adoptais un adorable chaton.
Je l'ai effectivement adopté. Mais ma famille n'aime pas les chats et ma mère se plaint des poils. Toi et moi contre le monde,
minou.
J'ai rêvé que l'on m'annonçait la mort de mon copain.
J'ai eu cette annonce ; je ne sais comment m'en remettre. Le monde est devenu noir et froid. Mon corps est desséché à force d'avoir
pleuré, pleuré, pleuré. Je n'ai plus de voix tant j'ai crié.
J'ai rêvé que la Terre explosait.
Elle a explosé. Je porte sur ma conscience d'âme errante la lourde responsabilité de la destruction de la vie terrestre.
... En définitive, je crois qu'il vaudrait mieux cesser de se plaindre que les rêves ne deviennent jamais réels. Cela pourrait avoir de
fâcheuses conséquences. N'est-ce pas ? Laissons le rêve dans le monde onirique, et le réel dans le monde terrestre. Chacun chez soi et les cochons seront bien gardés.
Pearly Mist
Par Pearly Mist
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Publié dans : Écrits.
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