Mercredi 14 octobre 2009
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Aujourd'hui, en cours de philosophie, je me suis mise à songer (j'ignore encore comment j'en suis venue à penser à cela) à une
confrontation d'idéologies entre différentes religions et en particulier à leur vision de la mort.
C'est ainsi que j'ai imaginé une petite histoire sur ce sujet-là (en cours de philosophie, oui oui, au détriment de ma prise de notes). Veuillez pardonner l'anachronisme, il est volontaire, de même peut-être que les stéréotypes.
C'est ainsi que j'ai imaginé une petite histoire sur ce sujet-là (en cours de philosophie, oui oui, au détriment de ma prise de notes). Veuillez pardonner l'anachronisme, il est volontaire, de même peut-être que les stéréotypes.
"Dans la pénombre d'une clairière, quatre hommes, placés en cercle sur l'herbe humide, discutaient entre eux.
L'un d'eux était un fervent Chrétien, comme beaucoup d'autres, une croix autour de son cou. Agenouillé, les mains sur ses
cuisses, il regardait ses compagnons avec une lueur de pitié et de dégoût dans son regard.
Le second était un grand homme blond aux yeux d'un bleu glacial, un Scandinave, vêtu d'une armure de cuir souple; une épée pendait à son côté. Décontracté, il était presque allongé, redressé sur son coude et une main posée sur sa jambe pliée. Il observait les autres avec un amusement non feint.
Le troisième était un Grec, brun aux yeux clairs, la peau légèrement hâlée, qui contrairement aux autres se tenait debout, les bras croisés, adossé à un arbre. Il était habillé d'une tunique ample et courte et regardait ses compagnons avec suspicion.
Le dernier enfin, était un Égyptien, un homme de taille moyenne, à la peau très matte et aux yeux et cheveux noirs. Il était vêtu d'or et de blanc et observait les autres avec un intérêt poli.
Et tous parlaient de la vie après la mort et de leur vision de la chose.
"Moi, dit le Chrétien, je compte gagner ma place au Paradis aux côtés de Dieu et de notre seigneur Jésus. Et je sais que pour cela je dois avoir la foi. C'est pour cela que je prie à l'Aube quand je m'éveille et au Crépuscule quand je m'assoupis ; de même avant chaque repas pour remercier Dieu de me nourrir, et lors de tout évènement notable. Je me rends régulièrement à l'église et je vais à la messe tous les dimanches, jour du Seigneur. Et parce que je crois farouchement en lui, Dieu m'accordera une place auprès de lui, et je verrais enfin les merveilles du jardin d'Éden."
"Moi, dit le Scandinave, je veux chevaucher dans les prairies d'Ásgard, terre des Ases, et tous les soirs festoyer au château d'Odin, Gladsheim, en compagnie des Walkyries et des Einherjars. Pour cela, je dois mener des guerres aux côtés de mon roi, abattre des ennemis et mourir dans le champ d'honneur ; car seuls ceux qui sont morts héroïquement au combat se verront offrir une place au Walhalla ! Puissé-je mourir en pleine gloire et là-bas rencontrer Heimdall, dieu de la lumière, qui au Ragnarök tuera Loki."
Le second était un grand homme blond aux yeux d'un bleu glacial, un Scandinave, vêtu d'une armure de cuir souple; une épée pendait à son côté. Décontracté, il était presque allongé, redressé sur son coude et une main posée sur sa jambe pliée. Il observait les autres avec un amusement non feint.
Le troisième était un Grec, brun aux yeux clairs, la peau légèrement hâlée, qui contrairement aux autres se tenait debout, les bras croisés, adossé à un arbre. Il était habillé d'une tunique ample et courte et regardait ses compagnons avec suspicion.
Le dernier enfin, était un Égyptien, un homme de taille moyenne, à la peau très matte et aux yeux et cheveux noirs. Il était vêtu d'or et de blanc et observait les autres avec un intérêt poli.
Et tous parlaient de la vie après la mort et de leur vision de la chose.
"Moi, dit le Chrétien, je compte gagner ma place au Paradis aux côtés de Dieu et de notre seigneur Jésus. Et je sais que pour cela je dois avoir la foi. C'est pour cela que je prie à l'Aube quand je m'éveille et au Crépuscule quand je m'assoupis ; de même avant chaque repas pour remercier Dieu de me nourrir, et lors de tout évènement notable. Je me rends régulièrement à l'église et je vais à la messe tous les dimanches, jour du Seigneur. Et parce que je crois farouchement en lui, Dieu m'accordera une place auprès de lui, et je verrais enfin les merveilles du jardin d'Éden."
"Moi, dit le Scandinave, je veux chevaucher dans les prairies d'Ásgard, terre des Ases, et tous les soirs festoyer au château d'Odin, Gladsheim, en compagnie des Walkyries et des Einherjars. Pour cela, je dois mener des guerres aux côtés de mon roi, abattre des ennemis et mourir dans le champ d'honneur ; car seuls ceux qui sont morts héroïquement au combat se verront offrir une place au Walhalla ! Puissé-je mourir en pleine gloire et là-bas rencontrer Heimdall, dieu de la lumière, qui au Ragnarök tuera Loki."
"Moi, dit le Grec, je rêve d'atteindre les Champs Élysées ; il n'y a pas plus bel endroit pour passer sa mort.
Seuls les héros y ont accès au moment de rejoindre les demeures d'Hadès ; cela implique de mener une vie digne d'un dieu et d'accomplir des exploits grandioses qui feront ma renommée. Tous les
aèdes chanteront ma légende si je suis digne de Jason, de Thésée ou d'Héraclès. Ainsi je goûterai au nectar et à l'ambroisie des dieux dans la magnificence des jardins des Champs
Élysées."
"Moi, dit l'Égyptien, je souhaite reposer aux côtés d'Osiris dans le royaume des morts. Ainsi je devrais mener une vie sans tâches car elles salissent et alourdissent mon coeur, qui sera pesé lors du Jugement de l'âme. Si mon coeur pèse plus lourd que la plume de Maât, alors il sera dévoré par le monstre Ammout et je ne connaîtrai jamais le repos. Là n'est pas mon souhait car je désire goûter à la paix et la félicité éternelles."
"Moi, dit l'Égyptien, je souhaite reposer aux côtés d'Osiris dans le royaume des morts. Ainsi je devrais mener une vie sans tâches car elles salissent et alourdissent mon coeur, qui sera pesé lors du Jugement de l'âme. Si mon coeur pèse plus lourd que la plume de Maât, alors il sera dévoré par le monstre Ammout et je ne connaîtrai jamais le repos. Là n'est pas mon souhait car je désire goûter à la paix et la félicité éternelles."
Ainsi discutèrent-ils et se quittèrent, la tête pleine de rêves d'immortalité et d'images de jardins luxuriants.
Tous souhaitaient accomplir cette glorieuse destinée, celle de réussir sa mort.
Le Chrétien devint un prêtre. Il priait frénétiquement, au lever, au coucher, au repas, à toute heure où il songeait ne pas assez prier. Il écoutait en confession nombre de pécheurs et de pécheresses avec dégoût ; au fil du temps cela devint une épreuve pour lui car il ne pouvait supporter d'entendre tant de méfaits. Et il ne supportait particulièrement pas les femmes, les filles d'Ève la tentée, sexe ô combien impur. Il mena nombre d'exorcismes pour chasser le démon, et en imposa même à ceux qui n'étaient pas possédés. Il crachait à la mention de personnes qui croiraient en autre chose qu'en Dieu et Jésus Christ ; et il priait silencieusement pour l'immortalité de leur âme. Dans sa folie naissante il assassina un homme qui croyait en un certain Allah, et maudit jusqu'à la septième génération un Barbare venu du nord vouant un culte à Thor, en oubliant qu'il avait discuté avec l'un d'eux autrefois. Tous les jours, il s'infligeait des châtiments corporels en espérant se rapprocher du Christ et prononçait des sermons sur l'Unique religion valable sur Terre.
Quand vint pour lui l'heure de mourir, suite à ses blessures et à son âge, Dieu lui refusa sa place au Paradis. Il vivait contrairement au dogme du christianisme qui dictait à ses fidèles de s'aimer et s'accepter les uns les autres, car les hommes sont tous frères.
Le Scandinave devint un très grand guerrier et le plus doué des stratèges de guerre de son roi. Il l'incita à mener des campagnes contre tous les peuples voisins en trouvant à chaque fois un prétexte d'offense. Il conduisit tous les thanes de sa terre dans des combats sanglants. Et un jour où il estimait avoir été suffisamment glorieux, il décida de mener son ultime guerre ; après avoir décapité de sa lourde épée quelques ennemis au nom d'Odin, il se laissa volontairement abattre par un adversaire en songeant à son heure de gloire enfin arrivée. Mais les Nornes, tisseuses du destin sous les racines d'Yggdrasil, en décidèrent autrement, et dans sa malchance le Scandinave ne mourut pas dans la guerre, mais suite à ses blessures létales dans son lit de mort au palais de son roi. Tous le pleurèrent, et les Walkyries refusèrent son accès au Walhalla. C'est la grise Hel qui l'accueillit dans sa triste demeure.
Le Grec décida de suivre les traces de héros tels qu'Achille ou Héraclès ; il mena maintes guerres et accomplit maints exploits, et chercha toujours à aider celui qui avait besoin d'aide pour des tâches périlleuses. Il commença à ressentir une certaine suffisance ; et tel Bellérophon, il finit par se croire supérieur aux dieux, ne leur voua plus de culte, ne leur offrit plus de sacrifices et les méprisa même. Zeus, furieux de tant d'orgueil, lui apparut une nuit en rêve et lui demanda de terrasser le gardiens des Enfers, Cerbère ; sûr de lui il suivit les instructions du dieu du ciel, mais n'étant pas l'égal d'Héraclès, il échoua dans cette entreprise et se fit dévorer par la bête aux trois têtes. Il erre encore aujourd'hui dans l'Érèbe et jamais n'eut accès aux Champs Élysées.
L'Égyptien était l'un des gardes de la fille de Pharaon ; et plus que tout il redoutait de voir son coeur être entaché. Il surveillait constamment la princesse, allant presque jusqu'à la harceler, ce pourquoi elle le congédia un jour. Après quoi il se mit en tête de surveiller les autres Égyptiens et de les reprendre à la moindre faute, en songeant à ses désirs de voir Osiris. Dans son obsession, il finit par ne plus sortir de chez lui, par peur du moindre objet d'autrui brisé, et ne plus s'adresser à personne, par crainte de la moindre insulte proférée. Il mourut dans l'indifférence générale mais reçu tout de même un sarcophage et de quoi voyager jusqu'au Jugement en toute sécurité ; mais au moment de faire peser son coeur, il apparut que la plume était plus légère que celui-ci. En effet, le harcèlement, l'asociabilité et l'égoïsme pèsent lourd, très lourd, et il se fit dévorer par le monstre à tête de crocodile, au corps et aux pattes de lion, et à l'arrière-train d'hippopotame.
Aucun d'entre eux n'avaient les vertus nécessaires, en dépit de leurs efforts, pour accéder à un au-delà de félicité."
Tous souhaitaient accomplir cette glorieuse destinée, celle de réussir sa mort.
Le Chrétien devint un prêtre. Il priait frénétiquement, au lever, au coucher, au repas, à toute heure où il songeait ne pas assez prier. Il écoutait en confession nombre de pécheurs et de pécheresses avec dégoût ; au fil du temps cela devint une épreuve pour lui car il ne pouvait supporter d'entendre tant de méfaits. Et il ne supportait particulièrement pas les femmes, les filles d'Ève la tentée, sexe ô combien impur. Il mena nombre d'exorcismes pour chasser le démon, et en imposa même à ceux qui n'étaient pas possédés. Il crachait à la mention de personnes qui croiraient en autre chose qu'en Dieu et Jésus Christ ; et il priait silencieusement pour l'immortalité de leur âme. Dans sa folie naissante il assassina un homme qui croyait en un certain Allah, et maudit jusqu'à la septième génération un Barbare venu du nord vouant un culte à Thor, en oubliant qu'il avait discuté avec l'un d'eux autrefois. Tous les jours, il s'infligeait des châtiments corporels en espérant se rapprocher du Christ et prononçait des sermons sur l'Unique religion valable sur Terre.
Quand vint pour lui l'heure de mourir, suite à ses blessures et à son âge, Dieu lui refusa sa place au Paradis. Il vivait contrairement au dogme du christianisme qui dictait à ses fidèles de s'aimer et s'accepter les uns les autres, car les hommes sont tous frères.
Le Scandinave devint un très grand guerrier et le plus doué des stratèges de guerre de son roi. Il l'incita à mener des campagnes contre tous les peuples voisins en trouvant à chaque fois un prétexte d'offense. Il conduisit tous les thanes de sa terre dans des combats sanglants. Et un jour où il estimait avoir été suffisamment glorieux, il décida de mener son ultime guerre ; après avoir décapité de sa lourde épée quelques ennemis au nom d'Odin, il se laissa volontairement abattre par un adversaire en songeant à son heure de gloire enfin arrivée. Mais les Nornes, tisseuses du destin sous les racines d'Yggdrasil, en décidèrent autrement, et dans sa malchance le Scandinave ne mourut pas dans la guerre, mais suite à ses blessures létales dans son lit de mort au palais de son roi. Tous le pleurèrent, et les Walkyries refusèrent son accès au Walhalla. C'est la grise Hel qui l'accueillit dans sa triste demeure.
Le Grec décida de suivre les traces de héros tels qu'Achille ou Héraclès ; il mena maintes guerres et accomplit maints exploits, et chercha toujours à aider celui qui avait besoin d'aide pour des tâches périlleuses. Il commença à ressentir une certaine suffisance ; et tel Bellérophon, il finit par se croire supérieur aux dieux, ne leur voua plus de culte, ne leur offrit plus de sacrifices et les méprisa même. Zeus, furieux de tant d'orgueil, lui apparut une nuit en rêve et lui demanda de terrasser le gardiens des Enfers, Cerbère ; sûr de lui il suivit les instructions du dieu du ciel, mais n'étant pas l'égal d'Héraclès, il échoua dans cette entreprise et se fit dévorer par la bête aux trois têtes. Il erre encore aujourd'hui dans l'Érèbe et jamais n'eut accès aux Champs Élysées.
L'Égyptien était l'un des gardes de la fille de Pharaon ; et plus que tout il redoutait de voir son coeur être entaché. Il surveillait constamment la princesse, allant presque jusqu'à la harceler, ce pourquoi elle le congédia un jour. Après quoi il se mit en tête de surveiller les autres Égyptiens et de les reprendre à la moindre faute, en songeant à ses désirs de voir Osiris. Dans son obsession, il finit par ne plus sortir de chez lui, par peur du moindre objet d'autrui brisé, et ne plus s'adresser à personne, par crainte de la moindre insulte proférée. Il mourut dans l'indifférence générale mais reçu tout de même un sarcophage et de quoi voyager jusqu'au Jugement en toute sécurité ; mais au moment de faire peser son coeur, il apparut que la plume était plus légère que celui-ci. En effet, le harcèlement, l'asociabilité et l'égoïsme pèsent lourd, très lourd, et il se fit dévorer par le monstre à tête de crocodile, au corps et aux pattes de lion, et à l'arrière-train d'hippopotame.
Aucun d'entre eux n'avaient les vertus nécessaires, en dépit de leurs efforts, pour accéder à un au-delà de félicité."
Toutes les religions parlent de la vie après la mort et des endroits auxquels nous avons accès selon la vie que l'on a mené. Ne parlent-elles pas toutes de la même chose ?
Doit-on se forcer à mener une vie conforme à ce que l'on attend de nous ?
Pearly Mist