Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /Fév /2010 20:53
Qu'adviendrait-il si nous pouvions entrer dans un endroit très spécial, là où tous nos rêves prennent vie et forme ?




J'ai rêvé que je tombais. Une grande chute. Un grand vertige.
Je suis donc tombée.

J'ai rêvé que je volais. Comme un oiseau. Au dessus des gens, des maisons.
Je fus donc capable de voler. Mais j'étais un monstre. Une vile harpie des temps modernes.

J'ai rêvé que j'étais un animal.
Je suis donc devenu cet animal. J'ai perdu mon humanité. Je ne savais pas comment annuler cette terrible métamorphose.

J'ai rêvé que je giflais un ami.
Je l'ai donc giflé. Il n'a plus souhaité me reparler. On ne gifle pas les gens sans raison, apparemment.

J'ai rêvé que je trompais mon copain.
Je l'ai donc trompé. Pourquoi ? Je ne sais toujours pas. Ce qui est sûr, c'est que cet acte a mis fin à une belle histoire et je m'en veux. Je suis triste.

J'ai rêvé que ma mère me foutait dehors.
Elle m'a donc foutue dehors. Je ne sais plus où dormir. J'ai froid, j'ai faim.

J'ai rêvé que je marchais sur le soleil.
J'ai donc marché sur le soleil. Je ne peux plus revenir sur Terre raconter cette fantastique aventure.

J'ai rêvé qu'un monstre se cachait dans ma chambre.
J'ai effectivement trouvé un monstre dans ma chambre. Il m'a foutu la trouille de ma vie. Je ne sais toujours pas comment le faire partir, il a l'air bien, ici.

J'ai rêvé que je chevauchais un dragon.
Je suis donc allée en cours chevauchant un dragon. Je n'ose vous raconter l'effet que j'ai produit.

J'ai rêvé qu'un couple d'amis rompaient.
Ils ont bien rompu ; comment leur dire que c'est ma faute ?

J'ai rêvé que j'offrais une rose à un ami.
C'est ce que j'ai fais. Il ne l'a pas trop bien pris.

J'ai rêvé que je déménageais.
J'ai déménagé; mais ma maison me manque terriblement.

J'ai rêvé que je me noyais.
Je me suis noyée. En plein Atlantique. C'est une mort affreuse, je ne vous la conseille pas.

J'ai rêvé que mon chien était mort.
Il est mort. Mon père a creusé un trou près de la maison, dans un coin tranquille. J'ai pleuré sur sa sépulture de fortune toute la journée. Je lui ai écrit une épitaphe : "ci-gît Kusty, fidèle vieux gentil chien. Il ne sentait pas très bon mais il nous manquera beaucoup."

J'ai rêvé que j'adoptais un adorable chaton.
Je l'ai effectivement adopté. Mais ma famille n'aime pas les chats et ma mère se plaint des poils. Toi et moi contre le monde, minou.

J'ai rêvé que l'on m'annonçait la mort de mon copain.
J'ai eu cette annonce ; je ne sais comment m'en remettre. Le monde est devenu noir et froid. Mon corps est desséché à force d'avoir pleuré, pleuré, pleuré. Je n'ai plus de voix tant j'ai crié.

J'ai rêvé que la Terre explosait.
Elle a explosé. Je porte sur ma conscience d'âme errante la lourde responsabilité de la destruction de la vie terrestre.




... En définitive, je crois qu'il vaudrait mieux cesser de se plaindre que les rêves ne deviennent jamais réels. Cela pourrait avoir de fâcheuses conséquences. N'est-ce pas ? Laissons le rêve dans le monde onirique, et le réel dans le monde terrestre. Chacun chez soi et les cochons seront bien gardés.

Pearly Mist

Par Pearly Mist - Publié dans : Écrits.
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Vendredi 25 décembre 2009 5 25 /12 /Déc /2009 22:37
Mets-toi tout nu, si t'es un homme ; histoire de voir où nous en sommes.
Qu'on me donne un primate sans cravate, un Zorro sans rien sur le dos.

T'es bien plus beau comme ça, un point c'est tout, un point c'est toi.
J't'aime comme ça, un point c'est tout, un point c'est toi.
Sans artifices, un point c'est tout, un point c'est toi.

Où est le vice ?

Enlève la tenue, si t'es un homme : qui peut le plus, peut le minimum.
Et comme ça ... tu restes la faiblesse de mon for intérieur, et moi, maîtresse en ta demeure.

T'es bien plus mâle comme ça, un point c'est tout, un point c'est toi.
J't'aime comme ça, un point c'est tout, un point c'est toi.
Sans dessus ni dessous, et puis c'est tout, et c'est comme ça.

Un point c'est toi.


Pearly Mist
Par Pearly Mist - Publié dans : Chansons.
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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /Nov /2009 21:03
    "Voici encore des arbres et je connais leur rugueux, de l'eau et j'éprouve sa saveur. Ces parfums d'herbe et d'étoiles, la nuit, certains soirs où le coeur se détend, comment nierais-je ce monde dont j'éprouve la puissance et les forces ? Pourtant toute la science de cette terre ne me donnera rien qui puisse m'assurer que ce monde est à moi. Vous me le décrivez et vous m'apprenez à le classer. Vous énumérez ses lois et dans ma soif de savoir je consens qu'elles soient vraies. Vous démontez son mécanisme et mon espoir s'accroît. Au terme dernier, vous m'apprenez que cet univers prestigieux et bariolé se réduit à l'atome et que l'atome lui-même se réduit à l'électron. Tout ceci est bon et j'attends que vous continuiez. Mais vous me parlez d'un invisible système planétaire où des électrons gravitent autour d'un noyau. Vous m'expliquez ce monde avec une image. Je reconnais alors que vous en êtes venus à la poésie : je ne connaîtrai jamais. Ai-je le temps de m'en indigner ? Vous avez déjà changé de théorie. Ainsi cette science qui devait tout m'apprendre finit dans l'hypothèse, cette lucidité sombre dans la métaphore, cette incertitude se résout en œuvre d'art. Qu'avais-je besoin de tant d'efforts ? Les lignes douces de ces collines et la main du soir sur ce coeur agité m'en apprennent bien plus. Je suis revenu à mon commencement. Je comprends que si je puis par la science saisir les phénomènes et les énumérer, je ne puis pour autant appréhender le monde. Quand j'aurais suivi du doigt son relief tout entier, je n'en saurais pas plus. Et vous me donnez à choisir entre une description qui est certaine, mais qui ne m'apprend rien, et des hypothèses qui prétendent m'enseigner, mais qui ne sont point certaines. Étranger à moi-même et à ce monde, armé pour tout secours d'une pensée qui se nie elle-même dès qu'elle affirme, quelle est cette condition où je ne puis avoir la paix qu'en refusant de savoir et de vivre, où l'appétit de conquête se heurte à des murs qui défient ses assauts ? Vouloir, c'est susciter des paradoxes. Tout est ordonné pour que prenne naissance cette paix empoisonnée que donnent l'insouciance, le sommeil du coeur ou les renoncements mortels.

    L'intelligence aussi me dit donc à sa manière que ce monde est absurde. Son contraire qui est la raison aveugle a beau prétendre que tout est clair, j'attendais des preuves et je souhaitais qu'elle eût raison. Mais malgré tant de siècles prétentieux et par-dessus tant d'hommes éloquents et persuasifs, je sais que cela est faux. sur ce plan du moins, il n'y a point de bonheur si je ne suis savoir. Cette raison universelle, pratique ou morale, ce déterminisme, ces catégories qui expliquent tout, ont de quoi faire rire l'homme honnête. Ils n'ont rien à voir avec l'esprit. Ils nient sa vérité profonde qui est d'être enchaîné. Dans cet univers indéchiffrable et limité, le destin de l'homme prend désormais son sens. Un peuple d'irrationnels s'est dressé et l'entoure jusqu'à sa fin dernière. Dans sa clairvoyance revenue et maintenant concertée, le sentiment de l'absurde s'éclaire et se précise. Je disais que le monde est absurde et j'allais trop vite. Ce monde en lui-même n'est pas raisonnable, c'est tout ce qu'on en peut dire. Mais ce qui est absurde, c'est la confrontation de cet irrationnel et de ce désir éperdu de clarté dont l'appel résonne au plus profond de l'homme. L'absurde dépend autant de l'homme que du monde. Il est pour le moment leur seul lien. Il les scelle l'un à l'autre comme la haine seule peut river les êtres. c'est tout ce que je puis discerner clairement dans cet univers sans mesure où mon aventure se poursuit."



    Extrait du Mythe de Sisyphe de Camus.

Pearly Mist
Par Pearly Mist - Publié dans : Philosophie.
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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /Nov /2009 20:40
  Je voyage parmi les ombres d'une nuit éternelle. Le monde court à sa perte, et je contemple les ruines fumantes, noyées dans un torrent de lave en fusion, vestiges de merveilles humaines. Ici le magma se mêle à une eau noire, et la fusion d'éléments contradictoires a tout détruit en ce lieu, et en beaucoup d'autres. Je sens la terre furieuse vibrer à mes pieds, et l'ire céleste se manifeste par de violentes bourrasques tournoyantes.

  La colère des éléments est sidérante. Sans cesse provoqués, maîtrisés par ces frêles créatures bipèdes, aujourd'hui leur rage éclate enfin dans une violence inouïe. Le châtiment est sans appel, la destruction des destructeurs est enclenchée.

  Qui survivra à cette apocalypse ? En cette nuit, le voile se lève enfin sur un monde ravagé prêt à renaître de ses cendres, tel le phénix. Par le feu et par l'eau, il a été purgé de son virus, de son fléau.

  Oubliées vos prétentions, oubliée votre cruelle domination, oublié votre égoïsme. Ne cherchez pas à survivre en cette nuit fatale, vous ne ferez que retarder l'échéance. Et la science, et la technologie, et la mécanique ne vous serons d'aucune aide ; vous n'avez nulle part où fuir. En cet instant la nature est la plus forte et reprend ses droits légitimes. Elle dévore ses enfants brutaux et ingrats ; parfois de bons embryons donnent naissance à de mauvais fils.

  J'ai désormais constaté l'étendue des dégâts. Je suis ainsi assurée que le monde est épuré. Je peux ainsi disparaître avec l'humanité déchue.

  Ce soir, la terre se repose. Pendant des siècles et des siècles, elle dormira sous une épaisse couche de glace étincelante, jusqu'à ce que, régénérée, elle s'éveille de nouveau. Elle ne donnera plus jamais naissance à des êtres qui pourraient lui nuire. Elle se préservera de toute nouvelle menace.

  Repartons de zéro. Revenons au stade de l'œuf prêt à éclore. Revenons à la page une.



Pearly Mist
Par Pearly Mist - Publié dans : Écrits.
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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /Nov /2009 19:33
  C'est la fin de la fin du monde, même la mer ne fait plus de vagues.
  Cette nuit enfin, tout est calme, toutes les choses tiennent enfin debout.
  Les lèvres et les mains se répondent, les mots se touchent sans heurter, les gens qui se passent à côté n'existent plus.
  Ce soir, le monde dort, apaisé.

  Ce soir le monde dort, apaisé.

  C'est la fin de la fin du monde, même si ça ne dure qu'une nuit.
  Le monde peut écouter les bruits qu'il fait, sans craindre à chaque seconde que tout s'embrase et qu'il s'efface, qu'il disparaisse tout à coup;
  Depuis que ma bouche sur ton cou s'est posée, chassant toute menace.

  Chassant toute menace.

  C'est la fin de la fin du monde, c'est la fin de la fin de nous.
  Je te promets un nouveau tour, même si je sens que tu me sondes.
  Et dans mes eaux, ni sous-marins, ni plus de torpilles dans le dos ;
  Juste ma bouche posée sur ta main, l'apocalypse au point zéro.
  Comme le parcours sur ta peau, ce soir...
  Ce soir, le monde est sans fin.

  Ce soir, le monde est sans fin.

  Ce soir, le monde est sans fin.



De nouveau une chanson de Calogero, également très belle, que je tenais à partager, issue de son album l'Embellie.

Pearly Mist
Par Pearly Mist - Publié dans : Chansons.
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